Sélection de la langue

Recherche

Chapitre 5 :
Le leadership du Canada dans le monde

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada défend fermement l’ordre international fondé sur des règles. Le Canada l’a défendu parce qu’un monde fondé sur des règles est dans l’intérêt national du pays.

Aujourd’hui, toutefois, cet ordre fait face à une menace existentielle. L’invasion barbare de l’Ukraine par la Russie constitue non seulement une attaque contre le peuple de l’Ukraine et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, mais aussi une attaque contre la démocratie et la période de prospérité sans précédent que les démocraties mondiales ont travaillé sans relâche à bâtir au cours des 75 dernières années.

En même temps, des enjeux allant de la COVID-19 aux changements climatiques et les régimes autoritaires de plus en plus belliqueux exigent l'attention du Canada et de ses alliés. L'augmentation de la mésinformation et de la désinformation menace directement la stabilité des démocraties, même les plus anciennes.

Le budget de 2022 reconnaît ces enjeux et propose de nouvelles mesures pour y répondre. Il investit dans les capacités de défense du Canada et dans les alliances qui assureront une réponse mondiale vigoureuse et coordonnée face aux défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

Il s’engage à renforcer la démocratie mondiale, à lutter contre le financement illicite et à lutter contre les forces de la désinformation et de la mésinformation qui menacent les institutions publiques du monde entier. Parallèlement, le Canada continuera de fournir une aide internationale essentielle à ceux qui en ont le plus besoin.

Les événements survenus au cours des derniers mois nous ont rappelé que la communauté internationale est plus forte lorsqu’elle agit de concert pour défendre les valeurs communes. En partenariat avec des démocraties aux vues similaires partout dans le monde, le Canada continuera de lutter contre les menaces mondiales qui ne reconnaissent aucune frontière.

Principales mesures en cours

Au cours de la dernière année, y compris dans le cadre du budget de 2021, le gouvernement fédéral a annoncé un éventail d’initiatives et de programmes importants qui renforcent le leadership du Canada dans le monde, notamment :

5.1 Renforcer la défense nationale

La défense nationale est une responsabilité fondamentale du gouvernement fédéral. En plus de protéger le Canada contre les menaces internationales et de défendre la souveraineté du pays, les Forces armées canadiennes jouent un rôle important pour rendre le monde plus sûr.

Les investissements réalisés dans le cadre de la politique de défense du Canada de 2017, Protection, Sécurité, Engagement, ont résolument inversé la tendance de dépenses de défense à la traîne qui remontait à trois décennies. Les dépenses du Canada en matière de défense devraient doubler entre 2016-2017 et 2026-2027. Alors que la mise en œuvre de ce plan se poursuit, le Canada doit réagir à l’évolution des circonstances pour s’assurer que les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes sont préparés pour remplir les missions qui leur sont confiées.

Afin de renforcer immédiatement la défense nationale du Canada, les annonces faites dans le budget de 2022 prévoiront un total de plus de 8 milliards de dollars en nouveau financement sur cinq ans, en plus des augmentations prévues dans le cadre de Protection, Sécurité, Engagement. Ce financement renforcera les contributions du Canada à ses alliances de base, stimulera les capacités des Forces armées canadiennes, continuera d’appuyer le changement de culture et un milieu de travail sain et sécuritaire dans les Forces armées canadiennes, et raffermira la cybersécurité du Canada.

Graphique 5.1
Financement du ministère de la Défense nationale
Graphique    5.1 : Financement du ministère de la Défense nationale

Sources : Protection, Sécurité, Engagement; Comptes publics du Canada; ministère de la Défense nationale
Les données de 2016-2017 à 2020-2021 représentent des dépenses réelles. Les données de 2021-2022 et des années subséquentes représentent des dépenses estimatives.

Version texteLe budget du ministère de la Défense nationale, selon la comptabilité de caisse, augmente constamment, passant de 18,6 milliards de dollars en 2016-2017 à environ 41 milliards en 2026‑2027. Cette croissance est en grande partie conforme aux prévisions publiées dans la politique de défense du Canada de 2017 : Protection, Sécurité, Engagement. Les approbations de financement et d'autres révisions effectuées avant le budget de 2022 ont ajouté en moyenne 2,4 milliards depuis 2017-2018. Les mesures annoncées dans le budget de 2022 ajoutent 1,7 milliard en moyenne de 2022-2023 à 2026-2027.

Examiner la politique de défense du Canada

La politique de défense, Protection, Sécurité, Engagement, a établi une orientation claire sur les priorités en matière de défense du Canada sur une période de 20 ans. Reposant sur le contexte international de l’époque, elle prévoyait des investissements importants afin de renforcer les capacités des Forces armées canadiennes à exécuter des opérations militaires, allant de l’aide humanitaire et des secours aux sinistrés, au maintien de la paix et au combat.

Toutefois, en raison des événements récents, le gouvernement doit réévaluer le rôle, les priorités et les besoins du Canada dans un monde en évolution.

Renforcer les priorités en matière de défense

En plus d’un examen de la politique de défense, dans le but d’assurer une intervention mondiale vigoureuse et coordonnée aux défis actuels auxquels fait face le monde d’aujourd’hui, le Canada prévoit des investissements immédiats dans les priorités en matière de défense, dont la défense continentale, les alliances et la sécurité collective, ainsi que les capacités des Forces armées canadiennes.

Investir dans la modernisation du NORAD

Le Canada est déterminé à assurer la défense du continent nord-américain, surtout dans le Grand Nord. Le partenariat entre le Canada et les États-Unis sous le NORAD est essentiel à cet effort.

Dans le budget de 2021, le gouvernement a promis 252,2 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir les capacités de défense continentale et arctique existantes et jeter les bases de l’avenir pour le NORAD. En août 2021, le Canada et les États-Unis ont établi les priorités de modernisation du NORAD dans une déclaration commune.

Le gouvernement étudie actuellement des options pour respecter cet engagement grâce à des investissements importants dans les domaines suivants :

Contribuer à l’OTAN

En plus de veiller à la sécurité du pays en Amérique du Nord, le Canada continue d’appuyer fermement ses alliés de l’OTAN, notamment par des opérations d’assurance et de dissuasion en Europe centrale et en Europe de l'Est.

En renouvelant sa participation pluriannuelle à l’opération REASSURANCE, le Canada souligne son engagement à l’égard de cette mission. Il augmentera également sa contribution de 460 membres des Forces armées canadiennes, jusqu’à un maximum d’environ 1 260 membres. En outre, 3 400 autres membres des Forces armées canadiennes sont à la disposition de la Force d’intervention de l’OTAN, si nécessaire.

Le budget de 2021 a annoncé auparavant 847,1 millions de dollars sur cinq ans pour augmenter les contributions du Canada à l’OTAN. Toutefois, le Canada reconnaît qu’il faut en faire plus. Quand le Canada épaule ses alliés, il partage également avec eux le fardeau de la défense de la démocratie contre l’autoritarisme.

Le Canada est déterminé à faire en sorte que l’OTAN demeure prête, forte et unie.

Accroître les capacités des Forces armées canadiennes

L’examen de la politique de défense du Canada comprendra une évaluation du matériel et des technologies dont les Forces armées canadiennes ont besoin pour remplir leurs missions dans un monde qui a fondamentalement changé en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Toutefois, le gouvernement se rend compte qu’il faut immédiatement investir davantage pour renforcer la capacité des Forces armées canadiennes.

Appuyer le changement de culture dans les Forces armées canadiennes Consulter l’évaluation des répercussions

Ceux qui servent le Canada en portant l’unifolié sur l’épaule sont exposés à assez de risques pour leur sécurité. Leur lieu de travail ne devrait pas en faire partie.

Le 13 décembre 2021, la ministre de la Défense nationale, le chef d’état-major de la Défense et le sous-ministre de la Défense nationale ont présenté des excuses officielles publiques à tous les vétérans et membres actuels et anciens de l’équipe de la Défense qui ont vécu d'agressions sexuelles, du harcèlement sexuel et de la discrimination fondée sur le sexe, le genre, l’identité de genre ou l’orientation sexuelle.

Ensemble, le gouvernement et les Forces armées canadiennes travaillent à créer une culture qui assure que chaque membre sert dans un environnement où il se sent protégé, respecté et en sécurité.

Ces fonds s’ajoutent au financement de 236,2 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2021-2022, et de 33,5 millions de dollars par la suite accordé dans le budget de 2021 au ministère de la Défense nationale et à Anciens Combattants Canada pour soutenir les efforts déployés en vue d’éliminer les inconduites sexuelles et la violence fondée sur le genre dans l’armée et d'aider les survivants.

Accroître la cybersécurité du Canada

Le budget de 2018 a annoncé un plan d’action pour la mise en œuvre de la première Stratégie nationale de cybersécurité du Canada. Cette stratégie vise maintenant à protéger les Canadiens contre les cybermenaces en évolution qui pèsent sur la population et les entreprises canadiennes, ainsi que sur les infrastructures essentielles du pays. Le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) s’emploie à protéger le Canada contre les cybermenaces, y compris celles qui viennent d’acteurs étrangers. Toutefois, à mesure que les Canadiens deviennent de plus en plus dépendants des systèmes numériques, les conséquences potentielles des cyberincidents continuent d’augmenter, et le Canada doit être prêt.

Des universitaires canadiens comptent parmi les chercheurs éminents dans les technologies émergentes et perturbatrices importantes, notamment l’informatique quantique et l’intelligence artificielle. Cette expertise peut être mise à profit pour s’assurer que la communauté canadienne de la sécurité et du renseignement garde une longueur d’avance sur ses adversaires.

5.2 Soutenir l’Ukraine

Le Canada condamne avec la plus grande fermeté l’invasion cruelle et illégale de l’Ukraine par la Russie. Les Canadiens se tiennent debout au côtés des courageux Ukrainiens qui se battent pour défendre leur vie, leur souveraineté, leur démocratie et celle du Canada.

Le Canada est un partenaire fiable et de longue date de l’Ukraine. En 1991, le Canada est devenu le premier pays occidental à reconnaître l’indépendance de l’Ukraine. Depuis, les relations entre les deux pays ont été renforcées par des liens interpersonnels profonds enracinés dans la communauté ukraino-canadienne et par un attachement commun à la démocratie et à l’importance de l’ordre international fondé sur des règles.

Face à l’invasion par la Russie, le Canada a continué d’envoyer de l’aide létale et non létale à l’appui de la défense héroïque de l’Ukraine. En plus des nouvelles mesures proposées dans le budget de 2022, le Canada a annoncé des contributions directes de plus de 1,2 milliard de dollars à l’appui de l’Ukraine et de sa population en 2022. Le Canada a également offert un soutien sous forme de prêt pouvant atteindre 1,6 milliard de dollars pour le gouvernement ukrainien. Ce soutien a aidé à répondre à la crise humanitaire et à faire en sorte que le gouvernement ukrainien puisse continuer à fournir des services essentiels.

Le Canada examine également des possibilités d’accroître sa capacité diplomatique en Europe de l’Est, pour être prêt à aider alors que les répercussions de ce conflit se font sentir dans toute la région.

Renforcer la lutte de l’Ukraine pour la liberté

Le 26 janvier 2022, le Canada a annoncé l’expansion de l’opération UNIFIER, la mission des Forces armées canadiennes visant à fournir un entraînement et un soutien militaires aux forces ukrainiennes. Depuis 2015, le Canada a formé près de 33 000 militaires et agents de sécurité ukrainiens.

Le gouvernement fédéral a également annoncé une aide militaire de plus de 90 millions de dollars et fournit du matériel militaire, létal et non létal, pour soutenir l’Ukraine dans les efforts qu’elle déploie en vue de défendre sa souveraineté. En partenariat avec ses alliés, le Canada partage également le renseignement et apporte un soutien pour améliorer la cybersécurité de l’Ukraine.

Tenir la Russie responsable

En réponse à l’invasion illégale de la Russie, le Canada et ses alliés ont rapidement imposé les sanctions les plus sévères jamais infligées à une économie importante. En menaçant à la fois l’indépendance de l’Ukraine et l’ordre international fondé sur des règles, le président Poutine et ceux qui l'appuient ont été sanctionnés personnellement, les principales institutions financières de la Russie et les fonds souverains ont été écartés de l’économie mondiale, et les avoirs de la Banque centrale de Russie ont été bloqués.

Depuis l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, le Canada a imposé des sanctions contre plus de 1 000 personnes et entités pour les empêcher d’accéder à l’économie canadienne. En partenariat avec ses alliés, le Canada a formé le Groupe de travail sur les élites, les mandataires et les oligarques russes (REPO) et a engagé des ressources fédérales pour travailler avec ses partenaires, tant étrangers que nationaux, afin de cibler les biens et les gains mal acquis des élites russes et de ceux qui agissent en leur nom. Ce travail comprend l’utilisation de ressources pour recenser, geler et saisir des actifs afin de s’assurer que les individus et les entités sanctionnés ne sont plus en mesure d’accéder à leurs ressources et à leurs richesses à l’étranger.

Le 2 mars 2022, le Canada est devenu le premier pays à révoquer le statut de partenaire commercial au titre de la nation la plus favorisée de la Russie et du Bélarus, un catalyseur de l’invasion par la Russie, en vertu du Tarif des douanes. Cette mesure a effectivement permis d’imposer un droit de douane de 35 % sur pratiquement toutes les marchandises en provenance de ces deux pays, les plaçant dans une catégorie auparavant occupée uniquement par la Corée du Nord. Depuis lors, plusieurs pays ont suivi l’exemple du Canada et mis en œuvre leurs propres mesures. Le Canada a également interdit l’entrée de navires appartenant à des Russes dans les ports canadiens et les eaux internationales et interdit l’entrée d’aéronefs appartenant à des Russes dans l’espace aérien canadien, et a été le premier à annoncer l’interdiction des importations de produits pétroliers russes.

De plus, le Canada saisit toutes les occasions pour isoler la Russie des institutions multilatérales, y compris par l’entremise d’institutions financières internationales, et appuie les efforts de ces organisations pour suspendre les opérations et la programmation en Russie et au Bélarus.

Soutenir les Ukrainiens tout au long de la crise

À ce jour, en 2022, le Canada a engagé 145 millions de dollars dans l’aide humanitaire et 35 millions de dollars dans l’aide au développement afin de fournir un soutien direct aux Ukrainiens touchés par l’invasion illégale de la Russie. Ce montant comprend une somme de 30 millions de dollars équivalente aux dons effectués par des particuliers canadiens. Toutefois, le Canada sait qu’il faut en faire davantage pour aider l’Ukraine à continuer de fournir des services essentiels à sa population.

Le Canada a déjà offert un total de 620 millions de dollars en prêts cette année pour appuyer la stabilité financière, la résilience économique et les réformes de la gouvernance de l’Ukraine.

Le Canada fournit un soutien supplémentaire par l’intermédiaire de ses participations dans des institutions financières internationales clés, dont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Depuis le début de l’invasion, ces trois institutions se sont engagées ensemble à fournir plus de 5,6 milliards de dollars pour soutenir les Ukrainiens.

Un refuge pour les Ukrainiens

Le 3 mars 2022, le Canada a annoncé deux nouveaux volets d’immigration pour les Ukrainiens fuyant l’invasion de la Russie.

Tous les Ukrainiens qui viennent au Canada dans le cadre de ces mesures pourront demander un permis de travail ouvert, ce qui permettra aux employeurs d’embaucher plus rapidement des ressortissants ukrainiens à la recherche d’un emploi. Le gouvernement délivrera également des permis de travail ouverts aux visiteurs, aux travailleurs et aux étudiants ukrainiens qui sont actuellement au Canada et qui ne peuvent pas rentrer chez eux en toute sécurité.

Le gouvernement a fourni un nouveau financement de 111 millions de dollars sur cinq ans, dont 6 millions de dollars dans les années à venir, pour mettre en œuvre ces nouvelles mesures d’immigration. Ce financement aidera à établir de nouvelles voies d’immigration, à accélérer le traitement des demandes et à fournir un soutien aux Ukrainiens une fois arrivés au Canada.

5.3 Défendre la démocratie, la transparence et la primauté du droit

L’ordre international fondé sur des règles repose sur un engagement partagé en faveur de la démocratie et de la primauté du droit. Cependant, ces valeurs sont contestées par des forces hostiles, y compris des acteurs étatiques comme la Russie, des organisations criminelles et les pourvoyeurs délibérés de désinformation qui menacent les institutions publiques.

Lors du Sommet pour la démocratie en décembre 2021, le Canada a annoncé qu’il poursuivrait un programme ambitieux visant à mieux soutenir la bonne gouvernance dans le monde et à offrir un soutien rapide et souple aux démocraties fragiles ou émergentes.

Alors que cet important travail se poursuit, le Canada demeure résolu à repousser les forces qui remettent en question l’ordre international fondé sur des règles. Dans le budget de 2022, le gouvernement fédéral propose de renforcer davantage les institutions démocratiques et la primauté du droit, tant au Canada qu’à l’étranger, notamment par voie législative.

Renforcer le Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes

Le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes menacent la sécurité des Canadiens, l’intégrité et la stabilité du secteur financier et l’économie canadienne dans son ensemble. Il est essentiel de veiller à ce que le Canada soit capable de détecter ces menaces par l’intermédiaire d’un régime complet de LRPC/FAT, ainsi que d’être en mesure de mettre la main sur les auteurs et de les poursuivre en justice, afin de protéger les Canadiens et de préserver la primauté du droit dans un monde financier de plus en plus complexe.

Il faudra prendre un certain nombre de mesures pour respecter cet engagement. Tout d’abord, le gouvernement fédéral s’emploie à mettre en vigueur de nouveaux règlements qui étendent les obligations du régime de LRPC/FAT aux fournisseurs de services de paiement et aux plateformes de sociofinancement. On s’assurera ainsi que ces entreprises sont tenues de surveiller et de signaler tous les cas d’activité suspecte pouvant entraîner une tentative de recyclage des produits de la criminalité ou de financement d’activités terroristes.

Le gouvernement fédéral est également en train d’élaborer des modifications législatives afin, notamment, de renforcer la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, le Code criminel et d’autres lois pour accroître la capacité des autorités de détecter les crimes financiers, de dissuader les auteurs de ces crimes, d’enquêter sur ceux-ci et d’intenter des poursuites, et de veiller à ce que le gouvernement soit en mesure de gérer les menaces actuelles et émergentes qui dépassent la portée du régime de LRPC/FAT actuel.

De plus, le gouvernement procédera à un examen exhaustif du régime de LRPC/FAT, et des propositions législatives supplémentaires seront présentées au cours des prochains mois en vue de combler les lacunes cernées, notamment faire en sorte que le gouvernement a les outils nécessaires pour préserver l’intégrité financière et la sécurité économique, au besoin.

Mettre en œuvre un registre public de la propriété effective

Des sociétés fictives canadiennes anonymes peuvent être utilisées pour dissimuler la propriété réelle des actifs, y compris les entreprises et les biens dispendieux. Cela les rend également vulnérables à une utilisation abusive pour des activités illégales, y compris le recyclage des produits de la criminalité, la corruption et l’évasion fiscale. Ces sociétés anonymes peuvent également servir à éviter les sanctions, ainsi que le traçage et le gel des actifs financiers. Pour remédier à cette situation, les autorités doivent avoir accès à des renseignements opportuns et exacts sur la véritable propriété de ces entités.

Dans le cadre des efforts continus qu’il déploie en vue d’améliorer la transparence de la propriété effective, le gouvernement entend travailler avec des partenaires provinciaux et territoriaux afin de promouvoir une approche nationale à l’égard d’un registre de la propriété effective des biens immobiliers, à l’instar d’autres pays comme le Royaume-Uni.

Afin de s’assurer que les données sur les sociétés fournies au registre sont exactes et opportunes, le gouvernement examinera également les approches qui appuient la validation et la vérification de l’information contenue dans le registre.

Le gouvernement consultera les gouvernements provinciaux et territoriaux dès que possible afin de promouvoir une approche nationale favorisant la transparence en matière de propriété effective.

Lutter contre la mésinformation et la désinformation Consulter l’évaluation des répercussions

Au Canada et partout dans le monde, la mésinformation peut rapidement se propager et éroder la confiance que les gens ont dans les institutions publiques.

Les menaces étrangères à la démocratie, y compris la désinformation parrainée par l’État (la mésinformation qui vise délibérément à tromper les personnes), ont continué de croître au milieu de tensions géopolitiques croissantes, d’une pandémie et de l’évolution rapide de la technologie.

Lors du sommet du G7 à Charlevoix (Québec), le Canada a dirigé la mise en place du Mécanisme de réponse rapide du G7, dans le cadre d’un effort coordonné avec ses alliés en vue de lutter contre la menace de la désinformation et de protéger les démocraties du G7 contre les menaces étrangères. Depuis, le programme a joué un rôle clé pour détecter et déterminer les ingérences étrangères et la désinformation parrainée par l’État contre les démocraties et aussi pour surveiller les élections fédérales au Canada.

En outre, le gouvernement poursuivra son travail de lutte contre la mésinformation, qui comprend l’appui à la recherche dans les institutions publiques, des activités de cybersécurité continues pour protéger les Canadiens contre la désinformation et l’élargissement de ses efforts à de nouveaux domaines importants.

5.4 Fournir une aide internationale

Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel que le Canada travaille à bâtir un monde plus sécuritaire, plus stable et plus prospère pour tous. Le Canada a un rôle important à jouer dans la promotion et le renforcement de la démocratie et des droits de la personne. Le Canada doit également veiller, au moyen de sa Politique d’aide internationale féministe, à apporter sa contribution pour améliorer la vie des femmes, des filles et des populations vulnérables partout dans le monde.

Les défis importants auxquels la communauté internationale doit faire face exigent des réponses vigoureuses et unifiées de la part des principales démocraties du monde. C’est pourquoi le Canada a continué de maintenir des niveaux élevés d’aide internationale, les dépenses de l’enveloppe de l’aide internationale ayant atteint un total record de plus de 7,6 milliards de dollars selon la comptabilité de caisse en 2020-2021.

Le Canada a réalisé des investissements importants afin d’appuyer la réponse mondiale à la COVID-19, a doublé son engagement afin d’aider les pays à revenu faible ou moyen à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter, et a fourni un soutien financier par l’intermédiaire de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour aider les pays vulnérables à gérer les nouvelles crises.

Dans le cadre du budget de 2022, le Canada continuera d’améliorer ses efforts d’aide, en s’employant plus particulièrement à mettre un terme à la pandémie de COVID-19 et à renforcer la sécurité sanitaire mondiale.

Le graphique 5.2 montre une croissance à venir. Le gouvernement s’engage à accroître le financement de l’aide internationale jusqu’en 2030.

Graphique 5.2
Enveloppe de l’aide internationale du Canada : dépenses réelles et dépenses projetées
Graphique    5.2 : Enveloppe de l’aide    internationale du Canada : dépenses réelles et dépenses projetées

Sources : Rapports statistiques sur l’aide internationale, de 2015-2016 à 2020-2021; suivi de l'enveloppe de l'aide internationale pour 2021-2022 et 2022-2023
*Les données de 2021-2022 et de 2022-2023 sont des prévisions. Les données de 2022-2023 tiennent compte de la décision annoncée dans le budget de 2022 de fournir une somme supplémentaire de 732 millions de dollars au Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19. Les données de 2022-2023 ne tiennent pas compte des éléments qui arrivent à échéance et qui n'ont pas encore été renouvelés.

Version texteLes dépenses de l'enveloppe de l'aide internationale du Canada ont augmenté de 4,64 milliards de dollars en 2015-2016 à 7,66 milliards en 2020-2021 (dernier point de données confirmé) et devraient passer à 8,2 milliards en 2022-2023. Les dépenses de 2020-2021 et des exercices suivants comprennent les mesures extraordinaires qui contribuent à la réponse mondiale à la COVID-19.

Mener la lutte mondiale contre la COVID-19

Comme nous l’avons vu au cours des deux dernières années, la COVID-19 ne connaît aucune frontière. Depuis février 2020, le Canada a engagé plus de 2,7 milliards de dollars en aide internationale pour lutter contre la pandémie, y compris une contribution de plus de 1,3 milliard au Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT-A), un effort mondial visant à améliorer l’accès équitable aux vaccins et aux traitements contre la COVID-19, ainsi qu’aux tests de dépistage de la maladie. Le Canada est ainsi l’un des six seuls pays à atteindre ou à dépasser l’objectif de contribution volontaire évalué de façon indépendante pour le cycle de financement 2020-2021 de l’Accélérateur ACT-A.

Renforcer la sécurité sanitaire mondiale Consulter l’évaluation des répercussions

Le Canada contribue depuis longtemps à la sécurité sanitaire mondiale, un défi commun qui exige une collaboration solide et constante entre les pays du monde entier.

En 2019, le gouvernement s’est engagé à faire passer le financement annuel mondial en santé de 1,1 milliard de dollars à 1,4 milliard de dollars d’ici 2023-2024. Grâce à ce soutien supplémentaire, le Canada excédera cet engagement et affectera près de 1,5 milliard de dollars à la santé mondiale en 2023-2024.

Chapitre 5
Le leadership du Canada dans le monde
en millions de dollars
  2021–
2022
2022-
2023
2023-
2024
2024-
2025
2025-
2026
2026-
2027
 Total
5.1. Renforcer la défense nationale  0  224  1 204  1 718  1 906  2 183  7 235
Renforcer les priorités en matière de défense  0  100  1 025  1 475  1 625  1 875  6 100
Appuyer le changement de culture dans les Forces armées canadiennes  1  38  49  52  53  53  245
Moins : Fonds provenant des ressources ministérielles actuelles
 -2  -1  0  0  0  0  -3
Moins : Report de fonds à un autre exercice
 1  -1  0  0  0  0  0
Accroître la cybersécurité du Canada – Gérer les cybermenaces  0  88  128  187  223  249  875
Accroître la cybersécurité du Canada – Recherche de pointe pour la
communauté de la sécurité et du renseignement
  0   1   1   4   6   6   18
5.2. Soutenir l’Ukraine 0 689 137 110 2 2 940
Expansion de l’opération UNIFIER1  0  116  112  109  0  0  338
Moins : Fonds provenant des ressources ministérielles actuelles
 0  -5  -2  -2  0  0  -9
Renforcer la lutte de l’Ukraine pour la liberté  0  500  0  0  0  0  500
Aide humanitaire en Ukraine2 Consulter l’évaluation des répercussions  45  75  0  0  0  0  120
Moins : Fonds provenant des ressources actuelles du Compte de crise de l’enveloppe de
l’aide internationale et d’autres ressources
  -45   -75   0   0   0   0   -120
Un refuge pour les Ukrainiens3  0  78  27  3  2  2  111
5.3. Défendre la démocratie  0  28  37  23  14  14  115
Renforcer le Régime canadien de LRPC/FAT  0  23  33  18  9  9  92
Lutter contre la mésinformation et la désinformation –
Mécanisme de réponse
rapide du G7
  0   2   3   3   3   3   13
Lutter contre la mésinformation et la désinformation – Bureau du Conseil privé  0  2  2  2  2  2  10
5.4. Fournir une aide internationale  0  732  74  74  74  74  1 028
La lutte mondiale contre la COVID-19  0  732  0  0  0  0  732
Renforcer la sécurité sanitaire mondiale  0  0  74  74  74  74  296
Investissements supplémentaires – Le leadership du Canada dans le monde  37  43  39  2  0  0  120
Renouveler l’opération
ARTEMIS
 41  48  43  2  0  0  134
Moins : Fonds provenant des ressources ministérielles actuelles
 -4  -5  -5  0  0  0  -14
Le mandat de l’opération ARTEMIS, la contribution militaire du Canada aux opérations de lutte contre le terrorisme et de sécurité maritime au Moyen-Orient, a été renouvelé pour trois ans à compter du 1er août 2021.
Chapitre 5 – Incidence budgétaire nette  37  1 716  1 491  1 927  1 996  2 272  9 438

Nota– Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.
1 Selon l’annonce faite le 26 janvier 2022.
2 Annonce de 100 millions de dollars le 1ermars 2022 et de 20 millions de dollars le 11 mars 2022.
3 Selon l’annonce faite le 3 mars 2022. 4 Selon l’annonce faite le 9 mars 2022.

Signaler un problème sur cette page
Veuillez cocher toutes les réponses pertinentes :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, s’il vous plaît contactez-nous.

Date de modification :